
Extrait du livre de bord de Jean Simon .
Aprés la traversée de la Géorgie pour aller en Azerbaïdjan, je dois me rendre à Bakou pour prendre le bateau et traverser la mer Caspienne pour me retrouver au Turkménistan, oui mais…! On prétend que l'aventure est au bout du chemin, moi j'ai les 2 pieds dedans et croyez-moi je suis servi. Les problèmes s'accumulent, mais je garde le moral car les plus grandes difficultés sont encore devant moi ! le 12.02 première alerte, plus de chauffage dans l'habitacle, uniquement de l'air froid. Apres différents SMS, Jeep occas me renseigne et le soir c’est réparé. Le 14.02, 2ème alerte… de l'eau dans le gasoil en grande quantité je dois vidanger. La qualité du gasoil avec le grand froid n'améliore pas la situation .Coïncidence inquiétante je constate une consommation de liquide de refroidissement qui a augmenté considérablement. Un garagiste trouve une fente sur le bloc moteur.

Tout ce que ce garage peux me proposer ce qu'il fait avec un optimisme contagieux, c'est de colmater la fente avec de la résine époxy. J'y ai presque cru… et pour se faire pardonner de m'avoir soulagé de 110 dollars, il m'a invité à dîner chez lui. C'était bon…!

J’espère tenir jusqu'à Tachkent en Ouzbékistan pour pouvoir réparer. Jeep occas est très sceptique ! ils pensent m’envoyer un moteur, mais il faut que je trouve le garage capable d'assurer ce travail.
Le voyage va devenir plus dur, plus de chauffage mais plus grave bloc de moteur fendu et je sème le liquide de refroidissement à tous vents… un petit malin a dû me vendre de l'eau colorée pour du liquide certifié -40°, là-dessus un coup de -10° et crac !
Dans 3 jours, traversée de la Caspienne, puis transit de 2500 Km au Turkménistan. En abreuvant la machine en permanence ce doit être jouable. De toute façon je vais essayer. Après ma frustration de photomaniaque en Azerbaïdjan, j'ai trop envie de Samarcande et de voir si les contes des "mille et une nuits" ont bien été écrits pour elle…
Oui mais mon voyage ne se résume pas qu'à des problèmes techniques il y a les autres ! Que je vous raconte…ça débute déjà à la frontière aux contrôles tatillons et multiples . Après une vaine tentative de me coller un visa touriste d'un mois, extorsion d'un droit d'entrée de 30 dollars…6 Km plus loin contrôle de police et droit de circuler de 20 dollars, 15 km plus loin re-police taxe ou amende de 30 dollars parce que mon véhicule a des vitres teintées prohibées en Azerbaïdjan …25 Km plus loin contrôle et amende pour défaut du port de la ceinture de sécurité et non respect d'un stop encore à découvrir et… demande 300 dollars !!! Après avoir demandé de téléphoner à mon ambassade la transaction s'est faite pour 25 dollars... ouf ! Je suis enfin à Bakou.. (terme impropre : Bas COÛt?..)
Les conseils d'un vieux bourlingueur, si vous passez par la ville de Gandja, évitait la route M1, si vous ne voulez pas être rançonné par la police !
Côté photo c'est la disette. 1200kms dans le pays et jamais de frissons, à faire bouger mon objectif. Heureusement il y a les Azéris.
Les Français ont un bon capital de sympathie et l'accueil est toujours chaleureux.
Il m'est arrivé de me faire aborder dans la rue pour une invitation au "chai'", puis "viens voir ma famille" et "reste à dîner" et là repas au jus de banane (!) et chaque met salué de grandes "dédicacions" ponctuées d'un verre de vodka "cul sec" (très important le cul sec) !) et nous sommes dans un pays musulman (imaginez ce que j'ai enduré en Géorgie!...)
Dommage que la géographie physique ne soit pas à l'échelle de la géographie humaine...
Le jour suivant, station essence-kafé, je stoppe ,repas 4 euros ! Le soir je reviens prendre un thé, mais avec mon appareil photo et toujours le même effet : Clic-clac, imprimante, effet polaroïd, repas avec les meilleurs mets choisis et vodka mais cette fois à titre d'invité. Le plus dur ? La succession de toasts toujours suivi du traditionnel cul-sec !
Ici les gens sont étonnants de spontanéité, de gentillesse mêlée de roublardise. Avec une curiosité empreinte de sympathie. Tout ça pas facile à décrire et totalement contradictoire avec la conduite des policiers beaucoup plus intéressés et beaucoup moins intéressants !
Visite du côté de Quba. Toujours le même refrain paysage désolant mais rencontres gratifiantes.
Ici un petit kafé-restoran en construction dont le patron aux allures de Sancho Pansa, fut une de mes rencontres les plus marquantes avec toujours la perpétuelle succession de verres puis de bouteilles de vodka accompagnée de délicieux chachlik, mais une sympathie plus marquée et un besoin de donner ce qui est rare de nos jours.


Evidemment je n'ai pas d'opinion sur les classes sociales "du dessus"... de toute façon je ne rencontre que leur voiture... très chouette...
Une autre équipe de routiers...qui voulaient poser devant une "machine Paris-Dakar"

Aujourd'hui j'ai été la victime et le bénéficiaire de l'effet polaroïd. Barrage de police. Stop, pourquoi ? Vitres teintées... tentative de money money... et tout c'est terminé par une photo de chacun. Bien sanglé dans son uniforme et de préférence devant son véhicule... Tout est bien qui fini bien.

Pour le bateau Azer-Turkmène pas de billet avant le 24. (?!) Pas d'agence de voyage pour transport maritime. Un seul guichet : bureau de la police portuaire…
La société en Azerbaïdjan
Dans la ville, il y a des vendeurs, en boutique ou ambulant comme celui-ci. La caractéristique c'est que ce ne sont que des hommes, pas une seule femme… et j'ai croisé des vendeurs tous avec ce même genre de fleurs.


le commerce est partout , même dans la rue .

La propreté des rues est assurée par une armada de femmes-balais dont voici le prototype. Contrairement aux fleuristes ambulants, ici, pas d'hommes, que des femmes…


Mes conditions de vie…
Ma douche, non, mon cabinet de toilette, parce que pour ce qui est de la douche, l'eau est un peu froide…!

Mes aventures …!
Une tempête !... Toute la nuit, chahuté dans la voiture et au matin, je veux sortir pour un big pipi et là, à peine la portière entr'ouverte, que le vent s'engouffre et emporte mon bonnet de laine, je veux sortir et le vent m'arrache mes lunettes et me jette à terre, évidemment dans un coin plein de boue, je me relève à la recherche de mes lunettes, peine perdue, elles sont loin... et pas moyen de regagner la voiture avec un vent de face, et vlan, encore dans le bourbier! Je vous passe les détails, mais bilan de l'opération : mes lunettes, une paire de gants, un bonnet, mon lecteur mp3 et …toujours mon envie de pipi !
Avec le recul, je me dis que j'ai eu de la chance de ne pas prendre le bateau ce Jour là I

Mon Avenir …!
Le fleuve Samour à la frontière Russe. Ne jamais emprunter les escaliers qui vous conduisent au plus profond de l'océan mais…

…poursuivre sa route vers l'infini à la découverte d'un monde nouveau…où le rêve est encore permis.